Texte Libre
En mémoire de Iona ,
n'oublions pas d'allumer nos rêves chaque soir
Pour aider Sophie (un cas bien réel), atteinte de sclérose en plaques, à trouver un logement décent , un petit clic chez Josée , merci
http://www.lejournaldesvoyages.com/
Entre la force que l'on perçoit
et la fragilité en moi
Entre mes fous rires
et mes peines
Entre mes certitudes
et mes doutes
Entre mes colères
et mes "je t'aime"
Mi-ombre, mi lumière
Mi raison, mi mystère
Parfois lointaine, incertaine
Parfois évidente, transparente
Entre moi et moi
Double jeu , trouble je
Je te méprise autant que tu t'accroches
Mes remèdes ne sont pas assez forts
pour t'expulser de mon corps
Je bois à toutes mes heures volées
depuis qu'en moi tu t'es incrustée
J'aimais courir, danser ,chanter
Mes pas vers demain sont incertains
Je te méprise autant que tu t'accroches
Mes mots sont mon armure, ma force
mon antidote, mon écorce
Ils m'ont donné l'envie d'y croire
depuis l'autre côté du miroir
Je veux écrire,rimer, slamer
par la pensée pouvoir t'anesthésier
Je te méprise autant que tu t'accroches
Chaque jour malgré ton lourd rituel
Je crois encore en l'étincelle
Par des liens forts noués
J'ai trouvé le sens de l'amitié
Je peux aimer, donner, partager
Voir ma vie se colorier.
Je te méprise autant que tu t'accroches
Je te méprise et c'est ma force
Par le jeu d'un pinceau,
d'une houpette
de haut en bas
de droite à gauche
sculpter le visage
étaler, uniformiser
absorber le sébum
faire disparaître les pores
devenir translucide
éviter que ça reluise
Puis fermer les yeux
tirer sur les paupières
poser l'eye liner
de l'interieur vers l'extérieur
finir sur une pointe
l'exercice calligraphique
continuer par un effet
glossé,pigmenté
étendre les cils, les recourber
avec le goupillon les séparer.
Touche finale
sublimer son sourire
estomper les contours
tracer l'ourlet de ses lêvres
élargir ou atténuer
les commissures
Appliquer le rouge
de texture soyeuse, satinée
aux polymères silliconés,
déposer un film léger.
Ma page est à l'envers
Mes mots tournent en rond
Une envie de tout taire
Sortir de ce tourbillon
Tout va de travers
Mes mots sont brouillons
Besoin d'un bol d'air
Prendre mon baluchon
Enfiler mon polaire
Pour enlever le bourdon
Direction "bords de mer"
Dis moi que toi aussi tu as peur
Du plus fort que tu sois
On me dit que vivre est à inventer
Contre vents et marées
Qu'il faut oser prendre le large,
Se frotter aux orages
Mais je l'avoue
Je n'ose quitter le port
Me risquer au dehors
On me dit qu'on a qu'une seule vie
Qu'il faut brûler haut et intensément
Flamme en poing,
Rage au coeur
Mais je l'avoue
Je m'adonne au désespoir
Qui m'enserre certains soirs
On me dit qu'il faut réveiller
Ce qui en nous sommeille
Pour ne pas s'effacer
De raison
Mais je l'avoue
Coule en moi la peine
dans ce puits sans fond
Dis moi que toi aussi tu as peur
Du plus fort que tu sois
Mots figés
dans des larmes
retenues.
Captifs
de désirs déçus
Mots trop courts
pour s'habiter
soi même
sortir
du malaise
de l'absurde
Mots déguisés
sous un air détaché
mots dérisoires
pour ce qui reste
à écrire
de l'histoire

Tombe la pluie
Lessive mes blessures
Délave mes vieux démons
Eteint le feu de mes larmes
Tombe la pluie
Décolore ma toile noire
Harmonise en clapotis
Les vibrations de mon coeur
Tombe la pluie
Que je devienne semence
Que la sève s'égoutte dans mes veines
Coule l'espoir d'une vie sans peines.
Tombe la pluie....
Tombe la pluie...
Tombe la pluie....
De mes illusions bâchées
de mes bas tatoués
de mes émotions agiles
sans dessus dessous
j'attends......
De mes gémissements
des mots amers sur les lèvres
des cris désabusés
de ma bouche
j'attends......
De mes silences
de mes erreurs
des chagrins de la vie
qui se changent en remords
j'attends......
De cette tentation harcelante
de considérer le temps
comme une mesure
creuse et sans valeur
j'attends......
Mes pensées volent
vers les astres du silence
et caressent le nu
de mes désespérances
j'attends......
je me fais du mal
à me faire du bien
je me détruis
par tous les moyens
je m'évade comme je peux
je veux vivre
comme je veux
je peux même dire
je suis heureuse
même si cette vie là
ne me mène à rien
elle me mènera
jusqu'à demain
je me fais du mal
à l'intérieur
je garde au fond
toutes mes douleurs
je ne dis rien
je garde ça pour moi
un somnifère
pour oublier
ce que je traîne
je voudrais tellement
te dire combien je t'aime
je veux vivre comme je veux
je peux même dire
je suis heureuse
même si cette vie là
ne me mène à rien
elle me mènera
jusqu'à demain
au matin où je me suis perdue
je ne voyais rien ébloui de mots
j'ai abandonné
tourné le dos
corps recroquevillé
emmuré loin de votre vue
au matin où je me suis acceptée
je voyais tout ébloui de lumière
j'ai respiré à l'aurore
ouvert la porte ailée
la vie germe désormais
sans peine sur mon corps


